Le jour où j’ai acheté ma première perruque ? Ce n’est pas le genre de choses qu’on s’imagine faire un jour : entrer dans un magasin de perruques ! Sauf peut-être pour le carnaval, et encore !

En vrai, ça a été une expérience plutôt originale.

Je ne me souviens plus si j’étais triste ou combattante ce jour-là. Mais en général, j’étais plutôt la deuxième option. J’avais décidé d’y aller seule, sans personne. Il y a des trucs qui sont si intimes, on n’a pas besoin de le partager. À la fin, j’ai regardé cette femme dans le miroir, avec ces cheveux courts et auburn, et je me suis dit que ça ne m’allait pas si mal. En tout cas, c’était bien mieux que les foulards, qui n’étaient pas du tout mon truc.

 

Achat de ma première perruque

 

La vendeuse ne cessait de répéter qu’elle finirait par se coller un cancer à force de travailler comme une folle, mais ça se voyait qu’elle faisait ce boulot avec passion. Je n’en avais pas encore vraiment conscience à ce moment-là, mais si je voulais une perruque et non pas un foulard, c’était parce qu’il était hors de question que la maladie se voit trop. Pas pour la cacher, mais pour éviter que les gens me plaignent.

« Il n’y avait rien à plaindre, j’étais en pleine renaissance. Même si le chemin était atrocement difficile. »

J’ai essayé quelques perruques ce jour-là, mais pas tant que ça. J’en ai trouvé une, cheveux courts, féminine, couleur auburn. C’était parfait, j’avais une bonne tête avec. Elle me ressemblait, elle avait du peps !

Et en sortant de la boutique, j’étais contente : cette perruque n’était pas là pour cacher ma maladie. Elle était là pour m’aider à renaître de mes cendres.

J’avais choisi de me voir comme une femme énergique.
Et je refusais que le cancer me définisse.

D’où la perruque.

J’avais aussi des bandeaux pour la nuit quand j’enlevais la perruque. Mais je les ai détesté du début jusqu’à la fin. Ils me donnaient l’air malade. Mais en fait, je ne m’étais jamais sentie aussi forte.

Le cancer change tout dans une vie. Et le truc le plus incroyable que ça a changé, c’est que j’ai appris à me connaître jusque dans les moindres recoins. Du coup, je n’avais plus peur.

Cette perruque, je l’ai donné à la fin. Pas besoin. J’avais compris le message. La force, on la trouve quand on accepte de changer. De renaître. En fait, pour moi, la guérison a vraiment commencé quand j’ai accepté de laisser le passé derrière moi.

Et aujourd’hui, je n’ai plus peur de rien.

 

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